Biographie Les Oisives

1998, Rennes, une accordéoniste "jam" dans un bar L'Artiste Assoiffé. Poussée par une amie une musicienne sort timidement son violoncelle, les regards se croisent, et les deux musiciennes se lancent dans une improvisation qui durera des heures. De ce coup de foudre musical, va naître une amitié exceptionnelle entre deux êtres qui se ressemblent comme deux soeurs. Deux femmes libres, deux personnalités bien trempées, venues d'horizons différents mais partageant une complicité rare qui surprend à chacun de leurs concerts.

Sylvie Jourdan est une vraie musicienne de rue. A 7 ans elle découvre l'accordéon, accompagne sa grand-mère qui chante Fréhel, Mayol ou Lucienne Delylle, fait l'école des bals populaires, avant de partir sillonner les bars et les rues de St Malo puis de Montmartre. A Paris, elle multiplie les rencontres musicales avec des musiciens jazz manouche qui lui révéleront son sens inné des airs romantiques joués sur un rythme endiablé. Après 5 années passées sur la route avec les rennais Jack O' Lanternes, elle décide d'interpréter ses propres chansons qu'elle compose et écrit en s'inspirant de sa vie. Sylvie est bien sur l'âme des Oisives, elle en écrit les textes : ces petites scènes quotidiennes du dialogue amoureux faites de déclarations passionnelles, mais aussi de non-dits, de fêlures, et de déchirements. Elle les met ensuite en musique au son de son accordéon, les faisant swinguer de la main gauche, ou les transportant dans des mélodies enivrantes de la main droite.

Soazig Le Lay, la plus jeune des deux, était destinée à un grand avenir comme violoncelliste classique. 16 années de conservatoire, une sensibilité immédiatement remarquée par tous ses professeurs, mais beaucoup trop indisciplinée pour accepter la rigidité d'un enseignement, où la recherche de la perfection technique contraint trop souvent à freiner l'émotion d'une adolescente qui en débordait. Il aura suffit d'une guitare électrique offerte par son père pour qu'elle trace elle-même sa voie : tout en poursuivant ses cours de violoncelle, elle enchaine les groupes de rock, pour se retrouver, logiquement, guitariste-chanteuse de l'un des groupes les plus enthousiasmant de la scène rennaise : Zagohai. Soazig a cette boulimie et cette facilité insolente de jouer et de créer qu'ont les grands musiciens actuels, ceux qui s'écartent, par choix personnel, de l'académisme et des titres glorifiques, pour mettre leur talent au service de leur propre passion, de leurs envies et de ceux et celles qu'ils aiment.

Fin 2001, Soazig rencontre Benoît Careil, alias Monsieur Bing, musicien-manager de Billy Ze Kick et les Gamins en Folie. Elle intègre le groupe aux choeurs, et propose à Benoît d'enregistrer une maquette des Oisives. Le déclic est immédiat et Benoît Careil s'impose rapidement comme le manager-producteur-tourneur du groupe. Un premier cd-6 titres sort en février 2002, suivi de dizaines de concerts. Leur premier album "Salto arrière" en 2003 fait l'unanimité de la presse musicale. Le duo est désormais sans cesse sur la route. En 2004, Sylvie et Soazig décident d'élargir le son du groupe, Soazig ressort sa guitare électrique, Sylvie se trouve un orgue Cavagnolo (touches boutons comme les accordéons). Elle enregistre fin 2004 leur second album "L'intangible", sorti en avril 2005. L'album ne déçoit pas mais surprend les amateurs de chanson réaliste, ce virage permet cependant aux Oisives de toucher un public plus rock.

________________________________________________

Les Oisives se séparent
janvier 2006

DEUX MUSICIENNES, DEUX COMPOSITRICES EN RECHERCHE PERPETUELLE

L'Intangible, le second album des Oisives montrait bien toutes les routes qu'étaient capables de prendre Sylvie et Soazig. Elles avaient toutes les deux envie d'élargir la musique du groupe, jouer et entendre d'autres instruments que l'accordéon et le violoncelle, électrifier l'instrumentation. La réalisation de l'album a été parfaitement maîtrisée et réussie, mais l'évolution du groupe qui a suivi a été moins sereine. Si Sylvie composait et écrivait seule les chansons des Oisives, Soazig qui faisait dans les Oisives un gros travail d'arrangements, notamment pour le violoncelle, la guitare ou la basse, est elle aussi compositrice (dans son précédent groupe Zagohaï et depuis un an avec The Milk). Avec cette ouverture instrumentale et l'arrivée d'un batteur puis d'un bassiste fin 2005, les deux créatrices se sont confrontées souvent sur des envies artistiques différents. Sylvie voulait apporter à ses chansons une assise rythmique et plus de variété dans les arrangements, tandis que Soazig aspirait surtout à sortir du format chanson française pour aller vers des compositions plus pop-rock.

DEUX PERSONNALITES TRES ENTIERES POUR UN DUO PASSIONNEL !

Tous ceux et celles qui connaissent Sylvie et Soazig le savent : si elles paraissent parfois timides sur scène, hors scène elles pouvaient tchacher jusqu'à l'aube. Sincères, entières, passionnées, authentiques, généreuses… elles vivaient leur duo comme un vrai couple. Un duo d'artistes exceptionnelles, habitées par une véritable passion l'une pour l'autre, à la fois protectrice et explosive.

UNE SEPARATION QUI REVELE DEUX ARTISTES AUTHENTIQUES

Les divergences artistiques s'affirmant de plus en plus, les compromis étant de plus en plus difficiles à trouver et à accepter, le travail s'en faisant ressentir, Sylvie décide fin décembre de mettre fin au duo.
Cette séparation sera douloureuse pour les deux femmes qui partageaient une amitié exceptionnelle. Musicalement, le vide sera vite comblé. Soazig travaillait depuis des mois sur un projet solo " The Milk " et était de plus en plus demandée pour des compositions de musiques de théâtre, Sylvie quant à elle avait très envie de continuer à jouer ses chansons avec les nouveaux musiciens arrivés sur la fin des Oisives, avec eux elle crée un nouveau groupe Carbel. Fin 2006, The Milk et Carbel sortent chacun leur album sur le label Pudding. Sylvie fera un deuxième album avec son groupe en 2008, avant de revenir à un formule duo avec Emeline Dzierla au tuba, et cette fois ci sous son nom, Sylvie Jourdan.

Soazig n'aura pas le temps de terminer son second album, elle disparait brutalement le 12 janvier 2008.