Revue de presse
Télérama
Novembre 1994
Le groupe Billy Ze Kick, héros d'une affaire stupéfiante!
Hallucination
   
Hep psilo!    
Le délicieusement subversif groupe reggae-rock Billy Ze Kick, inconnu il y a encore un an, se retrouve au beau milieu d'une drôle d'affaire. Un policier nantais s'est joint à une association parisienne luttant contre la toxicomanie pour poursuivre devant la justice les gamins en folie rennais. Motif: Billy Ze Kick ferait l'apologie de la drogue dans leur tube Mangez-moi, mangez-moi, qui, de Lille à Marseille, a endiablé les pistes de danse cet été. La phrase du litige "C'est le chant du psilo qui supplie, qui joue avec les âmes et ouvre les volets de la perception." Le psilo? Un champignon hallucinogène traqué par les amateurs de sensations fortes. Outre le retrait immédiat des bacs et l'interdiction formelle du titre en radios et télés, le consortium moraliste souhaite également voir le groupe derrière les barreaux pour cinq ans, assorti d'une amende de 500 000 francs. Rien que ça! Chez Shaman,le label du groupe, distribué par Phonogram, on suit l'affaire au jour le jour, " en attendant patiemment que tout se tasse".
Etrange situation. Billy Ze Kick ne sont pas les premiers à évoquer des substances interdites. La liste est longue: Héroïne par le Velvet Underground, Cocaïne, par J.J. Cale, Brown Sugar par les Rollings Stones, Lucy in the Sky with Diamonds, par les Beatles, ou encore Legalize it, par Peter Tosh, ne parlaient pas toutes d'enfants qui naissent dans les choux. Mais si ces chansons avaient fait scandale, aucun de leurs interprètes n'avait été poursuivi devant la justice. en France, la liberté d'expression artistique serait-elle toxique?
Vincent Le Leurch