SCENIC RAILWAY
Tribute to Gainsbourg

SCENIC RAILWAY
Album Tribute to Gainsbourg

extraits :

1. Mr Iceberg
2. Anthracite

3. Ronsard 58

4. Ford Mustang
5. Les Amours perdues
6. Intoxicated man
7. Mes p'tites odalisques
8. Dieu que les hommes sont méchantes
9. La femme des uns sur le corps des autres
10. Ballade des oiseaux de croix
11. La chanson du forçat
12. Black Trombone
13. L'alcool

album disponible par correspondance :
PUDDING VPC

9 €

SCENIC RAILWAY
Album Tribute to Gainsbourg
disponible par correspondance :
PUDDING VPC

 



photo : Mathias Gimenez

site web de Scenic Railway

 

 


SCENIC RAILWAY
Album Tribute to Gainsbourg

in RAM DAM Le Guide de la musique
http://www.ramdam.com/chro/1328.htm

"A l'heure où la variété française est saturée de reprises, l'arrivée d'un CD Tribute to Gainsbourg a de quoi faire frémir. S'attaquer au grand Serge relève de la gageure propre à la conquête de l'Everest: on ne parle pas d'un petit chanteur à la croix de bois mais d'un véritable monument de la chanson française. Et vu la taille du monument, la chute peut être des plus douloureuse...

Scenic Railway, un quatuor rennais, a donc décidé de se pencher sur les oeuvres de jeunesse de l'homme à tête de chou. La majeure partie des chansons reprises date de l'époque St-Germain-des-Prés (entre 1957 et 1963) lorsque Serge Gainsbourg, fortement inspiré par Boris Vian, balançait littéralement ses textes à la tête du public. Incursion également en 1978 avec Mister Iceberg ou en 1968 avec Ford Mustang. Cependant, l'esprit des textes reste toujours le même: dans l'oeuvre, Scenic Railway a privilégié le cynisme et la froideur des mots.

Premier bon point à l'égard du groupe: le respect fondamental des textes de Gainsbourg. Le moindre changement de virgule aurait été de l'hérésie pure, ce dont Scenic Railway s'est bien gardé. Le travail de reprise s'est surtout axé sur l'interprétation et la relecture mélodique.

L'interprétation de Nikki Renard, au chant, a tout du dandy arrogant et blasé. On retrouve la froideur typique de Gainsbourg, qui colle particulièrement bien à l'ambiance des textes choisis. On constate également que les chansons du grand Serge ne se chantent pas mais se vivent avant tout. Ce que Nikki Renard semble avoir bien compris. Second bon point.

Pour renforcer cette atmosphère glacée, le groupe enfonce le clou en proposant des mélodies décalées à coups de guitares déglinguées et autres banjos improbables. On n'est pas loin de l'esprit punk qui avait d'ailleurs remis le pied à l'étrier de Gainsbourg (lorsque le groupe Bijou avait invité le pervers papy sur leur reprise des Papillons noirs). C'est ce travail d'arrangement qui est finalement la véritable carte d'identité du groupe qui signe là des débuts plus que prometteurs.

Finalement, cette relecture à quarante années de distance prouve, s'il le fallait encore, que Gainsbourg est une des figures majeures de la chanson française et que ses textes et ses mélodies n'ont pris aucune ride.

En tout cas, une réappropriation des plus intéressantes et un très bel hommage.

NB: Pour les auditeurs attentifs, on notera la présence d'un bonus caché: le titre Quand tu t'y mets, version fin de banquet."

Jean-François Peereman